PNB et après PNB :


La Conférence « beyond GDP » vient d avoir lieu en novembre 2007. A l initiative de cinq grands acteurs internationaux : la commission européenne, le parlement européen, le club de Rome, l’ OCDE, et la ONG : WWF.

le thème était l après PNB. pour résumer les débats qui ont eu lieu le 19 et 20 novembre 2007, voila un extrait de la déclaration du président international de WWF :

“ Ce que nous considérons comme développement est très loin de ce que l ‘ Europe et monde attendent du développement durable. Les décisions à caractère purement économiques ignorent complètement le capital Nature . Les indicateurs économiques sont essentiels, mais sans une comptabilité précise des ressources naturelles, les déficits écologiques seront toujours cachés et ignorés. C est un peu comme si on dépensait notre argent, sans se rendre compte que nous consommons le capital de notre planète. »

cette conférence a abordé différentes questions qui ont déjà été présentés sur ce blog , tels que :

- le PNB n est pas un indicateur du bonheur des citoyens

- le PNB est un instrument du passé et on ne peut aborder l’ avenir avec des instruments du passé

- il faut tenir compte des progrès sociaux, voire sociétaux, de nouveaux indicateurs tels que l’Empreinte Ecologique ( cf WWF )

- est ce que la maximisation du bonheur des citoyens est en soi l objectif ultime des gouvernements ? ou la mise en place de politique qui permettent aux citoyens de mieux « fabriquer » leur bonheur ?

- le bonheur ne vient pas seulement est pas seulement de la croissance . il doit inclure la santé, l’ environnement, l’ évolution « spirituelle », la culture

- il n est pas possible d’ exprimer la complexité du monde à un indicateur , quel qu’il soit .

la conclusion de cette importante conférence est qu il y a de plus en plus un consensus politique pour le besoin de nouveaux indicateurs au delà du GDP. il n est pas normal d avoir des indicateurs sur les marchés monétaires, des actions, des obligations chaque minute ; mais des informations sur les tendances environnementales et sociales sont totalement obsolètes quand elles sont à la disposition des décideurs.

pour plus d informations sur cette conférence , consulter le site : beyond GDP

situation nouvelle a l ' Est et Inégalité

Selon le figaro : après dix-sept ans de transition au capitalisme, de nombreux habitants des ex-pays socialistes d’Europe estiment que leurs conditions de vie se sont dégradées.

La Berd a analysé ce « paradoxe » : En dépit d’un taux de croissance record de 7 % cette année dans les ex-économies socialistes d’Europe centrale et de l’ex-URSS, le sentiment d’une amélioration des conditions de vie est loin d’être partagé. C’est ce paradoxe que s’efforce d’analyser la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), dans son rapport 2007, à travers un sondage auprès de 28 000 personnes dans 28 sur les 29 pays de la région.

«Une majorité des personnes interrogées estiment que leur condition de vie s’est améliorée» depuis le début des années 1990 relève certes la Berd. Mais cette situation générale masque des situations par pays très différentiées. Si les «satisfaits» l’emportent en Slovénie et en Ouzbékistan, ils sont nettement minoritaires en Hongrie, en ­Serbie et en Géorgie où une majorité se plaint d’une dégradation de leurs conditions de vie.

L’amélioration moyenne des conditions de vie révèle l’apparition d’une «classe moyenne émergente» dont la taille varie considérablement d’un pays à l’autre et dont les valeurs et attitudes montrent «une adhésion aux valeurs démocratiques et libérales». Sans surprise les gagnants de la libéralisation sont «les ­jeunes, les personnes qualifiées, et les plus mobiles géographiquement qui tendent à être plus satisfaits et plus favorables aux valeurs de la démocratie et du marché que les autres».

Un des intérêts de l’étude est justement d’évaluer la réaction des populations confrontées à une différenciation sociale grandissante. «Une grande majorité de gens estiment que la situation de leur foyer s’est détériorée pendant la période en comparaison de celle des autres, peut-être en raison de l’accroissement des inégalités dans plusieurs parties de la région», observe la Berd. Un sentiment de frustration face à la réussite des «autres» qui serait surtout ressenti en Russie, et dans les pays de l’ex-URSS.

L’enquête cherche également à évaluer l’évolution des attitudes politiques. «En Europe centrale, par exemple, 40 % des gens estiment que la situation est pire qu’en 1989. Le désenchantement est particulièrement sévère en Hongrie où 75 % des sondés estiment qu’elle s’est détériorée.» Une même tendance, en moins fort, est relevée en République tchèque et en Pologne.

Mais dans l’ensemble, l’enquête montre «un fort soutien à la démocratie comme système de gouvernance politique et une forte adhésion à l’économie de marché». Avec un autre paradoxe : le «renforcement clair» du sentiment que la compétition économique est «nocive».

- PMA et prix élevés des céréales

Selon une étude récente conjointe par la FAO et l’ OCDE, le prix des céréales a augmenté sensiblement depuis plusieurs mois.

Plusieurs raisons sont évoqués en particulier pour le blé : la révision à la baisse des prévisions de récolte mondiale pour 2007-2008 compte tenu des épisodes de sécheresse , une demande soutenue en particulier avec l’ essor des biocarburants, et la baisse des stocks.

Pas de baisse de ces prix prévue a court terme, malgré la « main invisible » qui devrait inciter les exploitations agricoles de part le monde à produire plus, étant donné le niveau plus élevé des prix. Selon cette étude, au cours des dix prochaines années, de nombreux produits agricoles pourraient se maintenir à des niveaux de prix relativement élevés, pour des raisons structurelles déjà avancées pour le blé.

la FAO estime que les PMA ( pays les moins avancés) verraient leur facture d’ importations alimentaires augmenter de 10% sur un an ( contre 2,3 % pour les pays développés). Cette hausse est d autant plus importante pour les PMA, que les produits alimentaires représentent une part importante ( entre 60 et 90% ) du budget des ménages ( contre 10 à 20% pour les pays avancés).

Cette hausse des prix va quand même profiter aux producteurs surtout dans les pays avancés. Peu dans les PMA, car les producteurs sont en général de petites tailles et consomment la plus grande partie de leur production.

Ainsi il est à craindre que des « mouvements sociaux » aient lieu dans certains PMA, en particulier ceux qui sont importateurs nets , et pour les populations en voisinages des grandes agglomérations, compte tenu de l’ ampleur de cette hausse.

Comme une mauvaise nouvelle n’arrive rarement seule, le FMI vient d’annoncer une baisse de la prévision de croissance mondiale pour 2008, en raison des « turbulences » sur les marchés financiers , selon le journal le Monde.

Augmentation du prix des denrées alimentaires d’un coté, baisse du niveau de croissance mondiale de l’ autre, les effets sur les PMA risquent d’ être encore plus forts dans le court terme.



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- Ethique et Economie

Dans des précédentes pages, l’ inégalité et le développement sont apparus souvent reliés ( cf Inégalité et progrès technologique , cf inégalité et développement ). La question de l’inégalité fait partie du volet éthique, qui n’ est plus directement présent dans l’ économie.


C est Amartya Sen, ( Prix Nobel Économie 1988) qui s’est intéressé à la réintroduction de l’éthique dans l’ Économie et à l’ apport important de cette science morale dans l’ Économie «mécaniste ».


Sen est parti d’ un constat qui l’ a beaucoup marqué pendant son enfance en Inde. En effet , très jeune,, il fut témoin de la famine au Bengale pendant laquelle moururent trois millions de personnes. Sen a conclu plus tard que ce désastre n'aurait pas du avoir lieu. Il pense qu'il y a eu, à cette époque en Inde, un approvisionnement suffisant : la production était même plus élevée que pendant les années précédentes où il n'y avait pas eu de famines. Mais la cause de la famine de 1947 est plus lié aux grandes inégalités de revenues qui ont empêché les travailleurs ruraux de s’ approvisionner sur le marché, faute de moyens et non fautes de vivres.

Sen a étudié les fondements de l’ Économie, et a beaucoup critiqué la notion d’ utilité. ( exemple , un promeneur se perd à la campagne. il rencontre quelqu’ un et lui demande la route de la gare. Ce dernier , en fait n’ en sait rien, mais ayant une lettre a envoyer par la poste, lui dit que ce n est pas loin de la poste, et qu en passant il pourrait déposer sa lettre. le promeneur la prend, pensant qu’il pourrait y trouver quelque chose d’utile ).

Il a proposé de la remplacer par la notion de «capabilité ». cette approche est beaucoup plus complexe. Ainsi l’ensemble des capabilités reflète la liberté qu’ a une personne de choisir entre mode de vie possibles. La valeur qu’ un individu accordera à un bien ou à la possession d’un bien ne sera considérée que dans la mesure ou ce bien permet de réaliser une chose à laquelle cet individu accorde de l importance, c est à a dire sa capabilité.

La liberté devient primordiale dans cette approche: la liberté à l œuvre dans la notion de capabilité met en avant la potentialité qu’ a un individu de choisir , et l’ accès à ces choix.

Il s’ en suit que les concepts de pauvreté absolue ou relative ( cf la pauvreté ) deviennent obsolètes. Pour Sen la pauvreté « est une notion absolue dans l’ espace des capabilités mais prendra très souvent une forme relative dans l’espace des biens ou caractéristiques ».

Etre pauvre, c est de ne pas pouvoir choisir ses activités, ne pas pouvoir mener ses projets à bien ou encore ne pas être mobile.

Ainsi selon Sen « le progrès n’ a de sens que par rapport aux libertés. Une avancée est une avancée de liberté. avancer dans le développement dépend avant tout de la possibilité pour les gens d’exercer leur libre initiative ».

- l’APD et les Américains

L’ancien président des États-Unis était de passage à Paris pour y faire la promotion de son dernier livre «Donner: comment chacun de nous peut changer le monde» (Odile Jacob).

a donné une interview au Figaro. voila quelques extraits du journal daté du 7 Octobre 2007 .

« Le Figaro : Vous venez d’écrire Donner (Odile Jacob) un livre sur le don et la générosité individuelle. À la tête de la Fondation Clinton, vous êtes devenu un expert en ce domaine. Dites-nous où, dans le monde, se trouvent les peuples les plus généreux. Y a-t-il des pays plus généreux que d’autres ?

Bill Clinton : Dans un bon, dans un grand pays, la société doit posséder trois caractéristiques. Il faut une économie prospère. Après tout, la meilleure protection sociale, c’est quand tout le monde a un job. Il faut aussi un bon gouvernement, qui prend en charge tout ce dont le marché ne peut pas s’occuper, et puis une société civile vibrante avec des ONG pour faire en sorte que personne ne soit oublié, que personne ne passe à travers les mailles du système.

Le Figaro : Les pays libéraux sont-ils plus généreux que les pays plus étatiques ?

Bill Clinton : Dans les pays possédant soit un État faible, soit une économie faible, soit les deux, il faudrait que la société civile soit plus forte mais comprenez-moi bien : je ne prêche absolument pas pour que la société civile se substitue au gouvernement. Regardez l’Europe du Nord. Ce sont des pays qui fournissent une aide publique au développement considérable, mais quand le tsunami a frappé, ils ont aussi été très généreux en contributions privées. Ce n’est pas un jeu à somme nulle. L’un peut entraîner l’autre. Le gouvernement est là pour faciliter l’acheminement de l’aide privée. J’ai découvert un système formidable aux Pays-Bas : la loterie du code postal. Tous les habitants du code postal gagnant touchent quelque chose, la loterie canalisant une partie des gains vers les pays en développement. Cette loterie me donne beaucoup d’argent et me permet de lutter contre le sida et le réchauffement climatique dans quarante-six villes sur les cinq continents.

Le Figaro : Pour encourager la générosité, qu’est-ce qui est le plus efficace, la religion, la fiscalité ?

Bill Clinton : C’est sûr qu’une déduction fiscale des contributions peut aider mais l’essentiel, c’est la conviction morale. Les gens qui ne donnent pas, c’est parce qu’ils ne se sentent pas tenus de le faire, que personne ne leur a expliqué ou qu’ils ne pensent pas que donner puisse changer grand-chose. Ma mission, c’est de les convaincre du contraire, leur dire que nous sommes devenus une machine à donner très efficace. Mais les gens donnent aussi s’ils consomment de manière différente, s’ils respectent l’environnement.

Le Figaro : Les Américains sont généreux, mais l’Amérique en tant que pays est particulièrement pingre en ce qui concerne l’aide publique au développement. Comment expliquez-vous ce contraste ?

Bill Clinton : C’est très préoccupant. J’y vois trois raisons. D’abord, les Américains ne connaissent pas la vérité. Ils croient que le pays dépense 10% en aide extérieure et qu’on devrait se contenter de 5%, alors que le vrai chiffre est 1%! Cette ignorance empêchait que ce sujet devienne un thème de campagne et personne ne risquait de perdre une élection pour son avarice vis-à-vis du monde. Mais ceci est en train de changer. Cette élection présidentielle est la première de ma vie où une large partie de nos concitoyens va voter pour celui ou celle qui sera jugé le plus à même de restaurer notre stature internationale, de nous faire revenir dans le concert des nations. Dans le cœur de l’Amérique profonde, même des gens qui n’ont jamais possédé de passeport sont in­quiets de la réputation de leur pays. À tout le moins, nous devons payer notre part des dépenses de développement de l’ONU.

Le Figaro : Cela fait quinze ans que l’Amérique promet de faire plus.

Bill Clinton : Pendant la guerre froide, il y a eu une sorte d’accord tacite entre les États-Unis, l’Europe et le Japon : les premiers payaient plus en dépenses militaires pour fournir un parapluie de sécurité et les deux autres se concentraient sur l’aide au développement, et ça a bien marché. Quand le mur de Berlin est tombé et que nos dépenses militaires ont commencé à baisser, nous aurions dû accroître notre aide au développement. Mais en 1994, le Congrès républicain n’était pas intéressé. »

- l ' APD et le Royaume Uni

Selon le journal britanique « The Guardian » (http://www.guardian.co.uk), la grande Bretagne est dorénavant le second plus grand donateur en matière d’aide publique au développement.

Ainsi , l’ APD du Royaume Uni aurait augmenté de 12% au cours du dernier exercice selon le Gouvernement Britannique. Soit une augmentation de 808 millions de Livres , atteignant ainsi un total de 7,5 milliards de Livres et mettant la Grande Bretagne au second rang international après les USA.

Ce montant inclut les remises de dette. Il représente environ 0,5% du PIB britanique, soit le niveau le plus élevé qu ait atteint cette aide depuis 1964. Le DFID ( department for International Development ) indique que le Royaume Uni s est engagé à suivre les recommandations des Nations Unis ( cf la page de ce site : http://diadevelop.blogspot.com/2007/08/la-partie-de-l-apd-en-cooperation.html), en projetant l’objectif de 0,7% du PNB en 2013, en avance par rapport à la date prévue de 2015.

Le gouvernement Britanique estime que tous les ans « le Royaume Uni aide 3 millions de personnes à sortir de la pauvreté, et aide des pays pauvres à accéder à des services de santé et d’éducation dignes ».

le Royaume Uni fait campagne auprès des autres états du G8 pour augmenter leur participation à l’ APD , et ainsi respecter les objectifs du millénaire.

OXFAM, une des plus importantes ONG internationales, reconnait un geste positif et estime que la grande Bretagne devrait continuer à, augmenter son aide de 12% par an jusqu ‘ en 2010.

- l’ APD et les Français

Selon un récent sondage IFOP – AFD ( l’ Agence Francaise de Développement ), Les Français sont demandeurs d’information (68% voudraient en savoir plus sur l’aide au développement). Prêts à s’investir personnellement en faveur des pays en développement à 56%, ils souhaitent que les efforts qui y sont consacrés par la France se maintiennent (51%), voire s’intensifient (38%), même si l’ Europe a son propre dispositif, et malgré les difficultés budgétaires actuelles.

Si les Français s’accordent à 84% sur le fait que l’aide fournie doit participer à la transmission d’un savoir-faire, ils indiquent clairement les domaines qu’ils jugent prioritaires : humanitaire et sanitaire (65%), puis économique et social (33%). Les modalités d’intervention qu’ils souhaitent voir promues sont également classées : l’accès à l’eau potable (88%), la mise en place de programmes de santé publique (75%) et l’accès aux médicaments (72%). Enfin, la principale zone où concentrer les efforts est l’Afrique sub-saharienne pour 67% d’entre eux.

89% des Français s’accordent sur le fait que le développement durable s’impose à tous, y compris aux pays en développement, mais cette perception va au-delà : pour 79% d’entre eux, le développement durable doit désormais être une condition pour l’obtention d’une aide publique au développement. Il s’agit de favoriser le développement des énergies renouvelables (61%) la lutte contre la déforestation (56%) et la préservation de la biodiversité (50%).

l’ Enquête est réalisée par l’Ifop auprès d’un échantillon national représentatif de 1000 individus, âgés de 15 ans et plus au cours du mois de juin 2007.

il faut rappeler que L’Agence Française de Développement (AFD) est l’opérateur pivot de l’aide publique au développement française. selon l’ AFD L cf http://www.afd.fr

« l’Agence contribue aux efforts de la France pour l’atteinte des objectifs du millénaire, à la fois par la réduction de la pauvreté, le soutien à la croissance économique et la préservation de l’environnement. L’Agence finance des projets portés par les pouvoirs publics locaux, les entreprises publiques ou le secteur privé et associatif. L’Afrique subsaharienne est une priorité pour l’Agence qui y consacre plus de la moitié de ses financements (1,2 milliards) et plus de 80% de ses subventions. En 2006, les engagements du Groupe (AFD et Proparco, sa filiale spécialisée dans le financement et la promotion du secteur privé) ont été au total de 2,4 milliards dans les pays en développement. Ces financements ont concerné la scolarisation de 3,8 millions d’enfants et la vaccination de 5,6 millions, l’amélioration des conditions de logement de 690 000 personnes et l’approvisionnement en eau potable de 5,4 millions. Les projets d’efficacité énergétique sur la même année représentent une économie de 1,7 million de tonnes de CO2 par an »

- Inégalité et progrès technologique

le progrès économique accroît les inégalités a court terme.

selon l’Économiste Gilles St Paul ( cf http://www.geocities.com/gspaul_8047/, a ecrit plusieurs ouvrages dont « the political economy of labour market institutions » ), Sur le long terme, le progrès technologique a permis d’accéder à un meilleur bien être. Le PIB / habitant a été multiplié par dix au cours des deux derniers siècles, avec une amélioration incontestable du bien être (accroissement de la durée de vie, internet, cellulaire, etc…).

Mais ce progrès, en particulier au cours des dernières décennies, s’est aussi accompagné par une hausse des inégalités a court terme : dans un même pays, et entre les pays.

Par exemple, aux USA, le salaire médian a baissé (de 5%) entre 1970 et 1989, correspondant une hausse des salaires les plus élevés (de 5%) et une baisse des salaires les plus bas (de 25%) pendant cette période.

Quelles sont les causes de cet accroissement des inégalités :

1- biais par lequel les nouvelles technologies augmentent la productivité des gens bien payés et réduit celle des gens mal payés :

Certaines taches (comme les taches cognitives non routinières) voient leur productivité augmenter et donc la rémunération du travail correspondant augmente, alors que d’autres tâches (par exemple routinières) sont remplacées par les nouvelles technologies, et voient donc la rémunération du travail correspondant baisser.

2- Ajustement de capital :

la capital est attiré vers les nouvelles technologies, plus rentables. d’ où un désinvestissement dans les technologies anciennes, et donc une baisse de la productivité du travail correspondant, et baisse de la rémunération des travailleurs qui n’ont pas su ou pu s’adapter.

En parallèle, les travailleurs les plus qualifiés, étant plus adaptables, utilisent les nouvelles technologies et voit donc leur productivité augmenter ainsi que leur salaire.

3 Effet transitoire du progrès technique asymétrique a court terme :

Quand un secteur est plus utilisateur que les autres du progrès technique, sa productivité peut beaucoup augmenter. mais si la demande ne suit pas, il y aura une baisse des salaires des travailleurs dans ce secteur( exemple dans l automobile ou la productivité a été multiplié par 5 mais pas le marché ). Mais cet effet est a court terme.

4 Effet superstar :

Le progrès technique permet aux entreprises / personnes les plus « performantes » de s’emparer de la totalité d’un marché, et donc d’accroître considérablement leur revenu, creusant ainsi plus l’ inégalité avec les autres. Par exemple, une star performante peut ( grâce au média ) devenir superstar. Les autres artistes , même s’ ils sont marginalement moins talentueux seront obligés de se convertir. D’ où un accroissement des inégalités de salaires importants. Cet effet n’est heureusement pas toujours aussi automatique, car en dehors de l exemple des artistes, généralement les entreprises / individus moins performants vont accroître leurs performances grâce aux nouvelles technologies et concurrencer les leaders.

Gilles Saint Paul indique bien que ses effets d’inégalité salariale sont à court terme. Et qu’ il est préférable de les accepter plutôt que de se lancer dans une politique de rigidité salariale ( car elle ne font que déplacer l’ ajustement vers un accroissement du chômage ) .

Il semble donc que le progrès technique implique un accroissement de l’ inégalité salariale au moins à court terme. Est-ce « éthique » ? ce sera l objet de futur développement.

- Inégalité et développement

l article précédent ( PMA et développement) montre l’importance de l introduction des progrès technologiques comme élément moteur au développement.

Mais , en parallèle, Souvent le progrès technologique s accompagne d’un accroissement des inégalités .


par exemple, le récent documentaire : « Le cauchemar de Darwin » a très bien illustré ce processus (Titre Original : Darwin's Nightmare, Pays : France/Autriche/Belgique, Production : Mille et une productions, Année : 2004, Ecrit et réalisé par Hubert Sauper, plusieurs prix obtenu dont Prix du Meilleur Film Documentaire Européen– EFA 2004, Prix Europa Cinémas - Festival International du Film de Venise 2004, Grand Prix Documentaire – Festival du film de l’Environnement de Paris 2004, Grand Prix du Meilleur Film – festival de Copenhague 2004,Prix du Meilleur Documentaire – Festival de Montréal 2004 , Sélection Officielle - Festival international du film de Toronto 2004, Sélection Officielle - Festival international du film de San Sebastian 2004 ).

Il montre comment l’introduction d’ un nouveau poisson « le perche du nil » en Tanzanie, dans la ville de Mwanza, au bord du lac Victoria a révolutionné la pêche locale, mais a aussi développé des inégalités importantes dans les revenus générés. En effet, la pêche artisanale a totalement disparut, au profit d’ une nouvelle activité plus industrielle, avec des grands bateaux de pêches, des grandes entreprises multinationales performantes de transformation alimentaires, ou les métiers d anciens pêcheurs artisanaux ont été détruits avec création de nouveaux métiers d’ employés peu qualifiés , mais surtout avec l apparition d’une très grande inégalité de revenus de cette nouvelle forme d’activité, avec des conséquences sociales inquiétantes.

l internaute intéressé peut consulter le site http://www.darwinsnightmare.com

l’ augmentation des inégalités serait elle un corollaire au progrés technique ?

- PMA et Développement


La CNUCED ( Conference des Nations Unis sur le Commerce et le Développement : UNCTAD en Anglais ) vient de publier son rapport 2007 sur les PMA ( les pays les moins avances ) .

( les PMA sont actuellement au nombre de 50. ce sont : Afganistan, Angola, Bangladesh, Benin,Bhutan, Burkina Faso, Burundi, Cambodia, cape verde, Central African republis,Chad, Comoros, Congo,Djibouti, Equatorial Guinea, Eritrea, Ethiopia,Gambia, Guinea, Guinea-Bissau, Haiti, Kiribati, Lao People's Democratic Rep., Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Mauritania, Mozambique, Myanmar, Nepal, Niger,Rwanda, Samoa, Sao Tome and Principe , Senegal, Sierra Leone , Solomon Islands, Somalia, Sudan, Timor-Leste , Togo, Tuvalu, Uganda, United Rep. of Tanzania ,Vanuatu ,Uganda ,Yemen, Zambia, ils sont reconnus comme tels par les Nations Unies, en raison de : leur bas revenu - PNB par habitant en dessous de 750 usd par an- de la faiblesse de leur capital humain -mesuré par un indice- et de leur vulnérabilité économique – mesuré par un indice composite).

La CNUCED, reconnait qu´aucune croissance économique durable ne sera enregistrée, et qu´aucune réduction de la pauvreté ne sera observée, dans les PMA, sans que ces pays n´aient auparavant réussi un développement de leurs capacités productives et la création d´emplois productifs durables.

En particulier, la CNUCED insiste sur l´accumulation du savoir, les compétences technologiques et la capacité d´innover.

le rapport conclut sur l’ importance des quatre problématiques suivantes:

-les politiques relatives à la science, à la technologie et à l´innovation visant à un rattrapage technologique et leur intégration dans les stratégies de développement et de réduction de la pauvreté

-les régimes de protection de la propriété intellectuelle au niveau international constituent souvent un frein au développement technologique dans les PMA, d’ où l’importance d’une politique appropriée dans ce domaine afin de faciliter l´avènement d´une économie de la connaissance dans ces pays;

-Réduction des pertes massives de ressources humaines par l´émigration

-Aide au développement de l´économie du savoir- partie intégrante de l´aide au développement- afin de promouvoir l´apprentissage technologique et l´innovation dans les PMA.

La rapport insiste sur le fait que le savoir est un facteur de plus en plus important dans la sphère mondiale de la concurrence et de la production, et que dans ce contexte, les PMA risquent d´être de plus en plus marginalisés s´ils ne parviennent pas à augmenter le "contenu de connaissance" de leurs économies, et à réussir une diversification économique par le savoir et l´innovation.

Il montre que la configuration actuelle des transferts de technologie vers les PMA par l´intermédiaire du commerce international, de l´investissement étranger et de la protection de la propriété intellectuelle ne contribue pas à remédier à la fracture internationale du savoir.

La CNUCED montre ainsi l´importance de l´économie du savoir qui entoure la nouvelle philosophie de la coopération et du développement.

Mais ce nouveau paradigme n’est pas spécifique aux PMA. il nous semble important pour tout les pays en développement : le développement économique « classique », doit être accompagné du développement du savoir, de l’innovation et du « contenu de connaissance » de l’économie.

cf rapport complet 2007 du CNUCED sur les PMA http://www.unctad.org

- Aide au développement vs APD


L'Aide au Développement désigne l’ensemble des actions volontaires par un acteur extérieur pour impulser le développement d'un pays tiers (Pays en développement). l’APD ( Aide Publique au développement) en est une forme particulière où le donateur / prêteur est un état, ou collectivité publique . Si l’APD représente certainement le montant le plus important de l « aide au développement », il y aussi beaucoup d’autres aides venant de sources très différentes :

1- les ONG (Organisations Non Gouvernementales) qui mettent en place des programmes spécifiques d’aides .
*Parmi les plus importantes citons OXFAM ( Oxford Committee for Famine Relief ), qui mène des actions contre la faim mais aussi sur les terrains politique, économique et humanitaire en luttant contre la pauvreté et les inégalités dans le monde ainsi que pour le développement durable et équitable. Elle a dépensé plus de 520 millions de USD en 2005 ( cf http://www.oxfam.org ) .
*CARE international , avec un montant de dépenses de 690 millions de usd en 2006, est une des plus importantes ONG , active dans le domaine de la lutte contre la pauvreté en particulier auprès des femmes et des enfants, protéger l’environnement et développer les ressources en eau ( cf http://www.care.org ),
*« Médecins Sans Frontières » vise l’assistance médicale , et dispose d’un budget annuel important ( collecte de 110 Millions euros en 2006). MSF a recu le prix nobel de la paix en 1999 ( cf http://www.msf.org )
*« greenpeace » , orienté environnement , et qui dispose d’ un budget annuel d environ 150 millions de usd . ( cf http://www.greenpeace.org )

2 - des fondations privés , souvent financé par une personne, une famille ou une entreprise.
*Par exemple, la fondation Melinda et Bill Gates, dispose d une dotation en capital de 33 Milliards de USD , pour ses actions dans les domaines de la santé et de l éducation à travers le monde. ( cf http://www.gatesfoundation.org )
*la Ford Foundation créée pour financer des programmes, de lute contre la pauvreté, de promotion de la Démocratie dispose d’actifs de plus de 11 Milliards de USD ( cf http://www.fordfound.org )

3- Organisations internationales ( dites multilatérales ) telle que Europeaid , qui est chargé de coordonner l’aide extérieure de l’Union Européenne ( budget annuel d’ environ 7 milliards d’ Euros, cf http://ec.europa.eu/europeaid ), soutient des centaines de projets dans plus de 140 pays dans le monde, avec des thèmes variés : alimentation, santé, eau, liberté, prospérité, enseignements .
*Une autre grande agence multilatérale est le PNUD ( Programme des Nations Unis pour le Développement, cf http://www.undp.org ) , agence spécialisée de l’ONU, qui finance des projets dans la gouvernance démocratique ; la réduction de la pauvreté; la prévention des crises, l’ aide à la gestion durable des ressources, la lutte contre la propagation du VIH/sida ; et la promotion du développement humain. le PNUD publie tout les ans un Rapport sur le développement humain et classe plus de 160 pays selon l'indicateur de développement humain (IDH). Le budget annuel du PNUD est de 4,4 milliards de USD.

4- Nouvelles initiatives :
Beaucoup de nouvelles initiatives- tant privés que publics – se mettent en place, pour lutter contre la pauvreté, la maladie.
*par exemple, L'opération Unitaid vise à financer la lutte contre diverses maladies dans les pays en développement grâce à une taxe de solidarité sur les billets d'avion. Il est prévu un budget d’ environ 500 millions de usd à partir de 2009, pour acheter des médicaments – à prix bas – et lutter principalement contre les pandémies ( SIDA, paludisme, tuberculose ).

- Mesures modernes du développement

Il apparaît de plus en plus clairement que le développement d’ un pays ne se mesure plus uniquement au sens économique.

Un forum international a eu lieu à Istanbul en juin 2007, où 1200 personnes venant de 130 pays ont participé, sur le thème : « comment mesurer le progrès des sociétés », à l invitation de l’OCDE, en partenariat avec la Banque Mondiale, la Commission Européenne, l’UNDP, l’Organisation de la Conférence des Pays Islamiques.

Selon M. Alain Krueger, professeur d Economie à Princeton University , le PNB est une mesure qui date de la Guerre Froide : de fait , elle permet de mesurer pour un pays « ce qu il peut produire pour jeter sur ses ennemis ».

cf video : Measuring and Fostering the Progress of Societies - A Global Initiative (OCDE). part 1 ( en anglais ) :http://www.youtube.com/watch?v=sh6esxa2e3o

cf video Measuring and Fostering the Progress of Societies - A Global Initiative (OCDE). part 2 ( en anglais ) : http://www.youtube.com/watch?v=ugyU-EXB1dE

Aujourd'hui, le développement doit prendre en compte beaucoup d’autres facteurs : comme les inégalités existantes, l’éducation, le rôle des femmes dans la société, l’environnement , la corruption, les éléments d’un développement durable …

Ces indicateurs de développement, qui restent à inventer et à mettre en place permettraient d'abord de mesurer l’évolution d’un pays, d’une région, d’une province, les impacts d’ un projet, d’un programme, d’une initiative de développement.

Mais aussi, ils permettent aux citoyens de mesurer les résultats d’une politique, d’un gouvernement, et donc de demander des comptes aux responsables politiques par rapport à ces indicateurs et à leur évolution dans le temps.

Les demandes des citoyens semblent converger vers la responsabilisation de leur gouvernement face aux mesures prises pour favoriser le bonheur du plus grand nombre.

Il est intéressant de rattacher ces aspirations des citoyens aux philosophies de l’ utilitarisme qui se sont développées à la fin du XVIII siecle par des grands philosophes qu'ils soient "libéraux" comme William Godwin ( 1756- 1836), Jeremy Bentham ( 1748-1832) et John Stuart Mill (1806-1873) ou "socialistes" comme Robert Owen ( 1771-1858) et Charles Fourier ( 1772-1837).

développement = bonheur ? ( PNB et BNB )

On mesure le développement économique par le PIB : Produit Intérieur Brut. plus il est élevé (par habitant) , plus le pays est développé. Mais le progrès est t il bien mesuré par le PIB ?

Le secrétaire général de l'OCDE, a déclaré en juin 2007, en ouvrant un forum à Istanbul - « Comment mesurer le progrès et le favoriser » - qui a réuni un millier de statisticiens et d'économistes venus d'une cinquantaine de pays : « Si nous sommes d'accord que le progrès recouvre de nombreux éléments, nous devons aussi reconnaître que sa mesure ne peut se réduire au PIB par tête ». ( le Figaro du 6 juillet 2007).

la Banque mondiale privilégie les désormais fameux indicateurs de développement du millénaire, qui visent à réduire sensiblement la pauvreté, l'analphabétisme et la mortalité infantile d'ici à 2015. « Même si la moitié des pays pauvres ne disposent pas d'outils comptables pour mesurer réellement leurs progrès, c'est une référence utile, mieux que le PIB par tête », explique François Bourguignon, l'économiste en chef de la Banque mondiale.

Le professeur Ruut Veenhoven, de l université Erasmus à Rotterdam, a calculé un « bonheur national brut » (BNB) par pays. Son dernier classement place Le Danemark en premier., puis la Suisse, l’ Autriche, l’Islande. Les États-Unis se situent en 17e position , le Royaume Uni en 22 ieme, la France en 39eme , l Inde en 45eme , et l’Ukraine en 92 ieme position ! Pour avoir le détail sur de son classement de 95 pays cf le site de l internaute :

http://www.linternaute.com/savoir/classement/pays-bonheur/1-danemark.shtml

Le modèle du professeur Veenhoven est très complexe. Il prend en considération beaucoup d’éléments : par exemple certains indices de développement humain relatifs à la santé, l’éducation, et la richesse, d’autres relatifs à des indicateurs de la stabilité politique, des libertés individuelles…

pour plus de detail cf le site www.worlddatabaseofhappiness.eur.nl

Il a déclaré : .« Il est possible d'améliorer le bonheur d'un grand nombre de gens, et la meilleure façon d'y parvenir est de privilégier la liberté et la justice. La croissance économique n'est pas susceptible d'ajouter considérablement au bonheur, pas plus que la réduction des inégalités ou une plus grande protection sociale dans une économie d'abondance. »

Echelle de grandeur de l’ APD :


Pour situer le montant de l APD mondiale pour 2005 ( 106 milliards usd , dont 60 milliards en coopération technique ), il est intéressant de le comparer à quelques ordres de grandeurs :

-Les depenses militaires de l annee 2005 totalise : 1.120 milliards de usd selon le SIPRI ( Stockholm International Peace Research Institute).Ce qui revient à dire que le monde depense plus de 10 fois plus pour son armement que pour l aide au developpement.
en matiere de tendance, l ' augmentation des depenses militaires au cours des années 2004 a 2006 variait entre 3,5 et 5,5 %, alors que ceux de l APD etait en dessous des 3 % ( 2005 vs 2004 ).

le rapport sipri sur les depenses d' armement se trouve sur le site :
http://www.sipri.org/

- le budget pour 2005 du FEOGA ( fonds Européen d’orientation et de Garantie Agricole ) qui finance la mise en place de la Politique Agricole Commune ( en Europe il y avait environ 7 millions de chefs d exploitation agricoles en 2002) , représente un peu plus de 60 milliards USD Euros en 2005 ( 50 milliards Euros). Autrement dit, l Europe dépense pour ses agriculteurs un montant comparable a la somme de l APD destinée à l assistane technique pour les pays en développement.

pour le nombre d’ exploitations agricoles en europe, cf rapport du conseil Européen des Jeunes agriculteurs : http://www.ceja.educagri.fr/fra/enseignant/livret1/L1_0_13.pdf )

pour le FEOGA, le rapport complet intitulé 35e Rapport Financier du FEOGA section Garantie se trouve sur http://ec.europa.eu/agriculture/fin/finrep05/text_fr.pdf

l' APD et le sommet du millénaire

Les États membres des Nations-Unies se sont rassembles en septembre 2000, au cours du " sommet du millenaire " . ils ont pris l’engagement de réduire la pauvreté dans le monde en se fixant un certain nombre d’objectifs quantifiés et un calendrier de réalisations

L’engagement en question réaffirmait ainsi l’une des missions centrales dévolues à l’aide, qui est d’être une expression de la solidarité des pays riches avec les pays pauvres.

mais en fait, le Nord n’a pas globalement atteint l’objectif de consacrer à l’aide 0,7 % de son PIB ; il en est même loin puisque le pourcentage est aujourd’hui de l’ordre de 0,3 %.
par ailleurs, il faut souligner l’inégalité des efforts faits par les uns et les autres, puisque la fourchette allait, en 2003, de 0,84 % du PIB pour le Danemark à 0,15 % pour les Etats-Unis.

pour une ventilation precise de l' APD, voir le site de l' Agence Francaise de Developpement : http://www.afd.fr/

APD : Combien ?

L’ Aide Publique au développement ( APD ) représente la plus grande partie mesurable de l aide actuelle au développement. elle est composée de l aide fournie par les pays les plus riches ( pays de l OCDE ) aux pays en développement.

selon le dernier rapport de l OCDE, l’aide publique au développement (APD) a augmenté de 32 % en 2005 pour atteindre 106.8 milliards USD – niveau sans précédent .

Ce total correspond à 0.33 % du revenu national brut cumulé des membres de L OCDE en 2005, contre 0.26 % en 2004, et il s’agit du ratio le plus élevé depuis 1992.( mais il faut tenir compte du fait que dans ces montants, sont incluses les participations exceptionnelles pour l’Iraq et l’Afghanistan en 2005 ) .
un rapport annuel sur l APD est disponible sur le site de l ' OCDE :
http://www.oecd.org/

Il faut également mentionner que l' APD telle qu’elle est definie comporte en fait plusieurs parties :

1- - l ’allègement de la dette de certains pays : par exemple en 2005, cette partie a représenté un montant d'environ 20 milliards de USD , pour deux pays : Iraq et Nigeria ( cette somme a plus que triplé au cours des dernières années ).

2- - l’aide humanitaire dans l’ APD qui a représenté un peu plus de 2 milliard de usd en 2005, principalement destinée aux pays touchés par le tsunami ( océan indien, décembre 2004).

3- - l’ aide en coopération technique pour les programmes de developpement à proprement parler. Cette partie représentait environ 60 milliards USD en 2005 , en enlevant les programmes exceptionnels ( importants ) pour l Iraq et l Afganistan.


L’aide : pourquoi ?

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Une autre question épistémologique qui se pose concerne l’ aide . A quoi sert l aide ?

il est important de rappeler que l’ « aide humanitaire » a des sources religieuses. Dans toutes les religions monothéistes la charité est un des piliers de la croyance ( Zakaat : charité musulmane, Tsedaka : charité hébraique ) . Elle est la base de la « philanthropie », secteur plus ou moins développé selon les pays ( par exemple aux USA , elle est estimé a environ 1 % du PIB ) .

Certains détracteurs de l’aide considère qu’ elle est inefficace ( cf William Easterly, ancien directeur de la banque mondiale, dans Le Fardeau de l'homme blanc, Penguin Press ) , à cause du manque de contrôle sur les personnes qui la mettent en place.

mais il faut bien voir la finalité de l aide sous l œil des deux protagonistes : d’un coté le pays donateur, de l autre cote le pays récipiendaire :

Les objectifs des pays donateurs (les pays riches ) ont évolués. si historiquement , ils etaient surtout liés à leur politique étrangère de contrôle et d’ influence, ils s’ orientent de plus en plus vers la mise en place de stratégie internationale d’ espaces de paix, de sécurité et de stabilité, et d échanges économiques . ( cf travaux du Comité d’aide au développement de l’OCDE , http: //www.oecd.org ).

Tandis que le point des pays récipiendaire est radicalement différent. l’ aide est tantôt un devoir de réparation des pays riches – qui ont été colonisateurs – tantôt un devoir de solidarité , comme les politiques de redistribution entre riches et pauvres mis en place dans les pays développés.


La pauvreté ?

Une des premières questions épistémologique qui se posent quand on aborde le sujet du développement est la définition de la pauvreté : les sources ne s accordent pas toutes sur une même définition, tellement le domaine est complexe : beaucoup de facteurs sont en jeu : la pauvreté pécuniaire, mais aussi la pauvreté des conditions de vie ( santé, logement, éducation), la pauvreté des possibilités pour s en sortir.

il est fréquent d’ adopter, une définition simple , dite d’un seuil de pauvreté absolu , en particulier pour les pays en voies de développement. ce seuil est fixé à 1 usd par jour ou à deux usd par jour , selon la banque mondiale. ( a comparer par exemple au seuil de pauvreté dans les pays développés, qui est d environ 35 usd par jour en France ). il est donc important de noter l existence de pauvres dans les pays en développement, mais aussi dans les pays développés.

le PNUD ( programme des Nations Unis pour le Développement ) calcule un IDH : Indice de Développement Humain , indice composite , qui prend en compte la santé, le niveau d’ éducation et le niveau de vie économique ( corrigé avec le pouvoir d achat ). le PNUD publie l’ évolution de l’ indice IDH sur son site, avec un rapport annuel sur le développement humain : http://hdr.undp.org