développement = bonheur ? ( PNB et BNB )

On mesure le développement économique par le PIB : Produit Intérieur Brut. plus il est élevé (par habitant) , plus le pays est développé. Mais le progrès est t il bien mesuré par le PIB ?

Le secrétaire général de l'OCDE, a déclaré en juin 2007, en ouvrant un forum à Istanbul - « Comment mesurer le progrès et le favoriser » - qui a réuni un millier de statisticiens et d'économistes venus d'une cinquantaine de pays : « Si nous sommes d'accord que le progrès recouvre de nombreux éléments, nous devons aussi reconnaître que sa mesure ne peut se réduire au PIB par tête ». ( le Figaro du 6 juillet 2007).

la Banque mondiale privilégie les désormais fameux indicateurs de développement du millénaire, qui visent à réduire sensiblement la pauvreté, l'analphabétisme et la mortalité infantile d'ici à 2015. « Même si la moitié des pays pauvres ne disposent pas d'outils comptables pour mesurer réellement leurs progrès, c'est une référence utile, mieux que le PIB par tête », explique François Bourguignon, l'économiste en chef de la Banque mondiale.

Le professeur Ruut Veenhoven, de l université Erasmus à Rotterdam, a calculé un « bonheur national brut » (BNB) par pays. Son dernier classement place Le Danemark en premier., puis la Suisse, l’ Autriche, l’Islande. Les États-Unis se situent en 17e position , le Royaume Uni en 22 ieme, la France en 39eme , l Inde en 45eme , et l’Ukraine en 92 ieme position ! Pour avoir le détail sur de son classement de 95 pays cf le site de l internaute :

http://www.linternaute.com/savoir/classement/pays-bonheur/1-danemark.shtml

Le modèle du professeur Veenhoven est très complexe. Il prend en considération beaucoup d’éléments : par exemple certains indices de développement humain relatifs à la santé, l’éducation, et la richesse, d’autres relatifs à des indicateurs de la stabilité politique, des libertés individuelles…

pour plus de detail cf le site www.worlddatabaseofhappiness.eur.nl

Il a déclaré : .« Il est possible d'améliorer le bonheur d'un grand nombre de gens, et la meilleure façon d'y parvenir est de privilégier la liberté et la justice. La croissance économique n'est pas susceptible d'ajouter considérablement au bonheur, pas plus que la réduction des inégalités ou une plus grande protection sociale dans une économie d'abondance. »

Echelle de grandeur de l’ APD :


Pour situer le montant de l APD mondiale pour 2005 ( 106 milliards usd , dont 60 milliards en coopération technique ), il est intéressant de le comparer à quelques ordres de grandeurs :

-Les depenses militaires de l annee 2005 totalise : 1.120 milliards de usd selon le SIPRI ( Stockholm International Peace Research Institute).Ce qui revient à dire que le monde depense plus de 10 fois plus pour son armement que pour l aide au developpement.
en matiere de tendance, l ' augmentation des depenses militaires au cours des années 2004 a 2006 variait entre 3,5 et 5,5 %, alors que ceux de l APD etait en dessous des 3 % ( 2005 vs 2004 ).

le rapport sipri sur les depenses d' armement se trouve sur le site :
http://www.sipri.org/

- le budget pour 2005 du FEOGA ( fonds Européen d’orientation et de Garantie Agricole ) qui finance la mise en place de la Politique Agricole Commune ( en Europe il y avait environ 7 millions de chefs d exploitation agricoles en 2002) , représente un peu plus de 60 milliards USD Euros en 2005 ( 50 milliards Euros). Autrement dit, l Europe dépense pour ses agriculteurs un montant comparable a la somme de l APD destinée à l assistane technique pour les pays en développement.

pour le nombre d’ exploitations agricoles en europe, cf rapport du conseil Européen des Jeunes agriculteurs : http://www.ceja.educagri.fr/fra/enseignant/livret1/L1_0_13.pdf )

pour le FEOGA, le rapport complet intitulé 35e Rapport Financier du FEOGA section Garantie se trouve sur http://ec.europa.eu/agriculture/fin/finrep05/text_fr.pdf

l' APD et le sommet du millénaire

Les États membres des Nations-Unies se sont rassembles en septembre 2000, au cours du " sommet du millenaire " . ils ont pris l’engagement de réduire la pauvreté dans le monde en se fixant un certain nombre d’objectifs quantifiés et un calendrier de réalisations

L’engagement en question réaffirmait ainsi l’une des missions centrales dévolues à l’aide, qui est d’être une expression de la solidarité des pays riches avec les pays pauvres.

mais en fait, le Nord n’a pas globalement atteint l’objectif de consacrer à l’aide 0,7 % de son PIB ; il en est même loin puisque le pourcentage est aujourd’hui de l’ordre de 0,3 %.
par ailleurs, il faut souligner l’inégalité des efforts faits par les uns et les autres, puisque la fourchette allait, en 2003, de 0,84 % du PIB pour le Danemark à 0,15 % pour les Etats-Unis.

pour une ventilation precise de l' APD, voir le site de l' Agence Francaise de Developpement : http://www.afd.fr/

APD : Combien ?

L’ Aide Publique au développement ( APD ) représente la plus grande partie mesurable de l aide actuelle au développement. elle est composée de l aide fournie par les pays les plus riches ( pays de l OCDE ) aux pays en développement.

selon le dernier rapport de l OCDE, l’aide publique au développement (APD) a augmenté de 32 % en 2005 pour atteindre 106.8 milliards USD – niveau sans précédent .

Ce total correspond à 0.33 % du revenu national brut cumulé des membres de L OCDE en 2005, contre 0.26 % en 2004, et il s’agit du ratio le plus élevé depuis 1992.( mais il faut tenir compte du fait que dans ces montants, sont incluses les participations exceptionnelles pour l’Iraq et l’Afghanistan en 2005 ) .
un rapport annuel sur l APD est disponible sur le site de l ' OCDE :
http://www.oecd.org/

Il faut également mentionner que l' APD telle qu’elle est definie comporte en fait plusieurs parties :

1- - l ’allègement de la dette de certains pays : par exemple en 2005, cette partie a représenté un montant d'environ 20 milliards de USD , pour deux pays : Iraq et Nigeria ( cette somme a plus que triplé au cours des dernières années ).

2- - l’aide humanitaire dans l’ APD qui a représenté un peu plus de 2 milliard de usd en 2005, principalement destinée aux pays touchés par le tsunami ( océan indien, décembre 2004).

3- - l’ aide en coopération technique pour les programmes de developpement à proprement parler. Cette partie représentait environ 60 milliards USD en 2005 , en enlevant les programmes exceptionnels ( importants ) pour l Iraq et l Afganistan.


L’aide : pourquoi ?

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Une autre question épistémologique qui se pose concerne l’ aide . A quoi sert l aide ?

il est important de rappeler que l’ « aide humanitaire » a des sources religieuses. Dans toutes les religions monothéistes la charité est un des piliers de la croyance ( Zakaat : charité musulmane, Tsedaka : charité hébraique ) . Elle est la base de la « philanthropie », secteur plus ou moins développé selon les pays ( par exemple aux USA , elle est estimé a environ 1 % du PIB ) .

Certains détracteurs de l’aide considère qu’ elle est inefficace ( cf William Easterly, ancien directeur de la banque mondiale, dans Le Fardeau de l'homme blanc, Penguin Press ) , à cause du manque de contrôle sur les personnes qui la mettent en place.

mais il faut bien voir la finalité de l aide sous l œil des deux protagonistes : d’un coté le pays donateur, de l autre cote le pays récipiendaire :

Les objectifs des pays donateurs (les pays riches ) ont évolués. si historiquement , ils etaient surtout liés à leur politique étrangère de contrôle et d’ influence, ils s’ orientent de plus en plus vers la mise en place de stratégie internationale d’ espaces de paix, de sécurité et de stabilité, et d échanges économiques . ( cf travaux du Comité d’aide au développement de l’OCDE , http: //www.oecd.org ).

Tandis que le point des pays récipiendaire est radicalement différent. l’ aide est tantôt un devoir de réparation des pays riches – qui ont été colonisateurs – tantôt un devoir de solidarité , comme les politiques de redistribution entre riches et pauvres mis en place dans les pays développés.


La pauvreté ?

Une des premières questions épistémologique qui se posent quand on aborde le sujet du développement est la définition de la pauvreté : les sources ne s accordent pas toutes sur une même définition, tellement le domaine est complexe : beaucoup de facteurs sont en jeu : la pauvreté pécuniaire, mais aussi la pauvreté des conditions de vie ( santé, logement, éducation), la pauvreté des possibilités pour s en sortir.

il est fréquent d’ adopter, une définition simple , dite d’un seuil de pauvreté absolu , en particulier pour les pays en voies de développement. ce seuil est fixé à 1 usd par jour ou à deux usd par jour , selon la banque mondiale. ( a comparer par exemple au seuil de pauvreté dans les pays développés, qui est d environ 35 usd par jour en France ). il est donc important de noter l existence de pauvres dans les pays en développement, mais aussi dans les pays développés.

le PNUD ( programme des Nations Unis pour le Développement ) calcule un IDH : Indice de Développement Humain , indice composite , qui prend en compte la santé, le niveau d’ éducation et le niveau de vie économique ( corrigé avec le pouvoir d achat ). le PNUD publie l’ évolution de l’ indice IDH sur son site, avec un rapport annuel sur le développement humain : http://hdr.undp.org