situation nouvelle a l ' Est et Inégalité

Selon le figaro : après dix-sept ans de transition au capitalisme, de nombreux habitants des ex-pays socialistes d’Europe estiment que leurs conditions de vie se sont dégradées.

La Berd a analysé ce « paradoxe » : En dépit d’un taux de croissance record de 7 % cette année dans les ex-économies socialistes d’Europe centrale et de l’ex-URSS, le sentiment d’une amélioration des conditions de vie est loin d’être partagé. C’est ce paradoxe que s’efforce d’analyser la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), dans son rapport 2007, à travers un sondage auprès de 28 000 personnes dans 28 sur les 29 pays de la région.

«Une majorité des personnes interrogées estiment que leur condition de vie s’est améliorée» depuis le début des années 1990 relève certes la Berd. Mais cette situation générale masque des situations par pays très différentiées. Si les «satisfaits» l’emportent en Slovénie et en Ouzbékistan, ils sont nettement minoritaires en Hongrie, en ­Serbie et en Géorgie où une majorité se plaint d’une dégradation de leurs conditions de vie.

L’amélioration moyenne des conditions de vie révèle l’apparition d’une «classe moyenne émergente» dont la taille varie considérablement d’un pays à l’autre et dont les valeurs et attitudes montrent «une adhésion aux valeurs démocratiques et libérales». Sans surprise les gagnants de la libéralisation sont «les ­jeunes, les personnes qualifiées, et les plus mobiles géographiquement qui tendent à être plus satisfaits et plus favorables aux valeurs de la démocratie et du marché que les autres».

Un des intérêts de l’étude est justement d’évaluer la réaction des populations confrontées à une différenciation sociale grandissante. «Une grande majorité de gens estiment que la situation de leur foyer s’est détériorée pendant la période en comparaison de celle des autres, peut-être en raison de l’accroissement des inégalités dans plusieurs parties de la région», observe la Berd. Un sentiment de frustration face à la réussite des «autres» qui serait surtout ressenti en Russie, et dans les pays de l’ex-URSS.

L’enquête cherche également à évaluer l’évolution des attitudes politiques. «En Europe centrale, par exemple, 40 % des gens estiment que la situation est pire qu’en 1989. Le désenchantement est particulièrement sévère en Hongrie où 75 % des sondés estiment qu’elle s’est détériorée.» Une même tendance, en moins fort, est relevée en République tchèque et en Pologne.

Mais dans l’ensemble, l’enquête montre «un fort soutien à la démocratie comme système de gouvernance politique et une forte adhésion à l’économie de marché». Avec un autre paradoxe : le «renforcement clair» du sentiment que la compétition économique est «nocive».

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