aide pour l afrique et ralentissement economique

Selon un rapport de l'Africa Progress Report (APR : créé en 2007, présidé par Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, regroupe des personnalités très engagées en faveur du continent noir) de juin 2008, les pays riches n'ont pas tenu leurs engagements en faveur de l'Afrique.

C’est le constat dressé dans un rapport alarmiste, publié lundi 16 juin, à l'approche de la réunion du G8 (Allemagne, Etats-Unis, France, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni et Russie), début juillet, sur l'île d'Hokkaïdo au Japon.

Lors du dernier sommet de Gleneagles ( Royaume Uni), les participants s'étaient engagés à procurer à l'Afrique une aide directe supplémentaire au développement de 25 milliards de dollars (16,2 milliards d'euros). Le G8 était également mandaté pour examiner le doublement de cette dotation au cours de la prochaine décennie.


Selon l’APR, le non-respect des promesses du G8 menace les efforts en cours pour sortir de l'ornière le continent noir. Le rapport identifie un déficit de 40 milliards de dollars (25,9 milliards d'euros) dans l'aide nécessaire qui devrait être apportée pour atteindre les objectifs de Gleneagles.

Le monde du 16 juin commente : "L'Afrique a accompli des progrès importants au cours de ces dernières années. Toutefois, la crise alimentaire actuelle menace d'anéantir une bonne partie de ces progrès durement acquis. Avec 100 millions de personnes sur le point de tomber dans une pauvreté abjecte, le coût des denrées alimentaires ne se calculera pas en prix du blé ou du riz, mais en nombre croissant de décès de nourrissons et d'enfants dans toute l'Afrique" : comme l'indique Kofi Annan, le manque de générosité des pays donateurs risque de retarder voire d'anéantir des décennies de progrès économique. L'amélioration de la bonne gouvernance, la réduction de la mortalité infantile, la progression de la scolarisation ou la lutte contre le paludisme ainsi que la pandémie du sida l'attestent.

Les émeutes de la faim provoquées par la crise alimentaire mondiale, dévastatrice pour les populations les plus pauvres, soulignent l'impact très sévère de la flambée des prix des denrées alimentaires et plus largement des matières premières. D'après l'ONG britannique Oxfam, cinq millions d'Africains sont menacés de mort dans les années qui viennent.

L’ APR reconnaît qu'en raison du ralentissement de leurs économies et des difficultés budgétaires, les membres du G8 ont du mal à augmenter de manière substantielle les fonds de l'aide au développement. C'est pourquoi l'APR insiste sur la nécessité de se procurer des revenus complémentaires de financement.

Ainsi, le panel propose : l'imposition d'une taxe sur les revenus du négoce des devises et sur les émissions de carbone dans le cadre de la lutte contre le réchauffement du climat. La généralisation de la taxe sur les billets d'avion, ou sur le fret maritime empruntant les détroits est également à l'ordre du jour. Enfin, l'organisation d'une loterie à l'échelle planétaire en faveur de l'Afrique figure parmi les suggestions.

"A échéance de vingt ans, l'Afrique pourrait être un continent autosuffisant en matière énergétique, compte tenu de ses immenses réserves en énergies renouvelables" : comme l'indique M. Camdessus ( ancien DG du FMI , membre de l’APR ) , le document met en exergue le potentiel "vert" d'un continent doté de vastes ressources d'hydroélectricité, de géothermie, d'énergie solaire et éolienne.

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