recommandations pour la croissance

La Commission sur la croissance et le développement, dont le secrétariat est assurée par la Banque Mondiale, a publié son rapport intitulé « la croissance : stratégies pour une croissance durable et un développement solidaire final ( The Growth Report: Strategies for Sustained Growth and Inclusive Development) ».

Les travaux de la Commission ont été menés par 19 décideurs politiques expérimentés et deux économistes lauréats du prix Nobel. Les travaux de la Commission ont été soutenus par les gouvernements australien, suédois, néerlandais et britannique, par la William and Flora Hewlett Foundation et par le Groupe de la Banque mondiale.

Selon le rapport, une croissance rapide et durable n’est pas le fruit d’un miracle, mais est une réalité à la portée des pays en développement munis de la bonne combinaison d’ingrédient. Voici quelques-unes des recommandations du Rapport :

-La croissance est un défi à long terme qui requiert de nombreux ingrédients : leadership, persévérance, endurance, pragmatisme, transparence et soutien de la population.

-La croissance doit être inclusive. Le Rapport souligne l’importance du partage des bénéfices de la mondialisation avec toutes les couches de la population, en particulier les plus pauvres, et la nécessité de traiter les inégalités entre les sexes.

- le Rapport soutient que les objectifs d’atténuation du réchauffement à l’horizon 2050 sont peu pratiques, et que des délais de 10 à 15 ans permettraient de mieux calculer le véritable coût d’atténuation. Le Rapport reconnaît également que les pays développés sont les plus grands émetteurs de CO2 au monde, et refuse que les économies émergeantes participent au coût total d’atténuation tant que leurs revenus par habitant n'approcheront pas des niveaux des pays développés

-Le Professeur Robert Solow, lauréat du prix Nobel et membre de la Commission, déclare : “ la concurrence est absolument essentielle à chaque étape du développement économique ; l’accès aux marchés mondiaux est bénéfique à la fois pour les pays riches et les pays en développement ; et plus la croissance est équitable, plus elle a des chances d’être durable. Le leadership et la gouvernance n’ont un effet positif que s’ils sont soutenus par de larges pans de la population.

-les pays ne sont pas homogènes et les mêmes politiques ne sont pas transposables partout. Le rapport émet des recommandations spécifiques pour quatre groupes de pays : les pays africains, les petits Etats, les pays riches en ressources et les pays à revenus moyens où la croissance est en panne. Voici quelques-unes des recommandations du Rapport :

-Les pays industrialisés devraient financer le développement de l’enseignement supérieur en Afrique afin d’endiguer la fuite des cerveaux. Le rapport recommande également que les pays industrialisés accordent des tarifs douaniers préférentiels, limités dans le temps, sur les exportations de produits manufacturés des pays africains afin de les aider à surmonter les obstacles liés à leur retard.

- Dans les petits Etats, le Rapport recommande une plus grande intégration économique régionale et une union politique partielle, avec un partage de services publics, ce qui permettrait de réduire les coûts par habitant élevés liés à une gouvernance efficace. Le Rapport indique que la bonne gouvernance peut également servir de fondement à la construction d’une coopération et d’une intégration régionales.

-Une meilleure gouvernance dans les pays riches en ressources passe par une plus grande transparence de l’utilisation des recettes tirées des ressources naturelles et par un plus grand équilibre entre les revenus des entreprises exploitant les ressources et des gouvernements.

- Un investissement accru dans l’enseignement supérieur et l’innovation afin de favoriser une transition entre des niveaux de revenus moyens et des niveaux de revenus élevés.

Le Rapport met en avant la menace que fait actuellement peser la hausse des prix alimentaires, recommande des actions rapides pour protéger les plus pauvres contre les hausses de prix, et avertit que la malnutrition et la baisse des revenus réduiront les perspectives de croissance sur le long terme.

Il préconise l’établissement d’un mécanisme pour sauvegarder la stabilité du système financier mondial. Compte tenu de l’importance économique croissante de nouveaux acteurs mondiaux, le document préconise un rééquilibrage des responsabilités mondiales et de la représentation. Tandis que la crise actuelle des crédits frappe les pays développés, le Rapport souligne également l’importance d’un système financier solide dans les pays en développement..

En guise de conclusion, voici ce que déclare le Vice-président de cette Commission : “ Nous sommes parfaitement conscients qu’il n’existe ni de solution miracle pour créer une croissance durable et inclusive, ni de paradigme unique. Néanmoins, la Commission a cherché à identifier les ingrédients indispensables qui, comme l’a dit le Professeur Solow, composent une recette de croissance propice à un développement inclusif. ”

Pour plus de détail se reporter sur le site de la commission sur la croissance.

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